Apprendre l'anglais quand on parle français
Un francophone traîne en général dix ans d'anglais scolaire et se bloque toujours au même endroit: lire va, comprendre un film va moyennement, parler coûte. Ce n'est pas une question de don. Le français t'avance énormément sur le vocabulaire et presque pas sur le son, et il vaut mieux savoir lequel est lequel.
Un vocabulaire à moitié offert
L'anglais a avalé une couche de français considérable, et c'est exactement celle que tu connais déjà. Nation, opportunity, information, responsibility, government: tout le registre écrit et administratif se retrouve presque à l'identique. Là où un Lituanien apprend par cœur, toi tu reconnais.
Cela produit une bizarrerie utile: en anglais, le soutenu t'est plus facile que le quotidien. Un rapport se lit avant une conversation de comptoir, parce que la conversation se fait avec les mots courts d'origine germanique, ceux qui ne ressemblent à rien chez toi. Quand il existe deux mots pour la même idée, begin et commence, freedom et liberty, celui qui te paraît familier est presque toujours le plus formel des deux, et le placer partout donne un anglais guindé.
Les faux amis, spécialité franco-anglaise
Actually ne veut pas dire actuellement mais en réalité. Eventually ne veut pas dire éventuellement mais finalement. Library est une bibliothèque, pas une librairie. To attend, c'est assister à, alors que to assist veut dire aider. Sensible veut dire sensé, et sensitive veut dire sensible.
La liste continue avec des verbes que tu emploies tous les jours: to demand n'est pas demander mais exiger, to pretend n'est pas prétendre mais faire semblant, to rest n'est pas rester mais se reposer, et to pass an exam c'est le réussir, pas simplement le passer.
Le mécanisme est toujours le même: le mot a l'air connu, donc il n'est pas vérifié. Le vocabulaire que tu reconnais est justement celui que tu contrôles le moins, et c'est pour cela que ces erreurs survivent des années sans que personne te reprenne.
La grammaire allège, la syntaxe serre
Commençons par le soulagement. Le verbe anglais ne se conjugue quasiment pas: quatre ou cinq formes là où tu en manies des dizaines. Pas de genre, pas d'accord de l'adjectif, pas de subjonctif à surveiller. La partie qui pèse le plus en français est simplement absente.
La facture arrive ailleurs. L'ordre des mots est rigide et porte le sens à lui seul. L'auxiliaire do apparaît dans les questions et les négations sans rien traduire, et l'inversion à la française n'existe pas. Les verbes à particule, get up, put off, look after, forment un vocabulaire entier qui ne se devine pas: la particule change tout, et aucune logique ne te sauvera du dictionnaire.
Attention aussi au piège du présent. J'habite ici depuis cinq ans se dit I have lived here for five years, avec un temps composé là où le français met un présent. C'est l'erreur la plus tenace du francophone avancé, et elle ne se corrige pas par la règle mais par une vingtaine de phrases apprises telles quelles.
Ce qui te trahit dès la première phrase
L'accent de mot, avant tout. En français la voix tombe en fin de groupe et aucun mot ne porte d'accent propre. En anglais chaque mot a le sien, il n'est pas écrit, et le déplacer rend le mot méconnaissable même quand tous les sons sont justes. C'est la première chose à corriger, et la seule méthode est d'apprendre chaque mot avec son accent dès la première rencontre.
Ensuite le h. Il se prononce en anglais, toujours, et ta bouche a passé une vie à ne pas le dire. House, behind, perhaps: le h avalé s'entend immédiatement, et il s'installe d'autant plus vite qu'il ne gêne jamais la compréhension.
Enfin les voyelles. La longueur distingue des mots entiers, ship et sheep, live et leave, et le français ne s'en sert pas. À cela s'ajoutent les consonnes finales, que le français laisse muettes et que l'anglais prononce toutes, terminaisons comprises.
Par où commencer, et en combien de temps
Commence par les mille mots les plus fréquents, courts et germaniques, précisément ceux qui ne ressemblent à rien de connu. La couche latine viendra toute seule à la lecture, elle n'a pas besoin d'être travaillée.
Viennent ensuite les verbes irréguliers, quelques centaines dont les plus courants font partie, à apprendre dans des phrases et non en colonnes. Les verbes à particule arrivent par thèmes, vers la fin de la première année, pas avant.
Pour les délais, sois honnête: avec une base scolaire et une demi-heure par jour, la lecture devient confortable en deux ou trois mois, les séries sans sous-titres vers un an, une conversation de travail tranquille vers un an et demi ou deux. L'expression orale, elle, ne pousse pas toute seule: une heure par semaine avec une vraie personne fait plus que dix heures d'exercices.
Ce que Verba fait, et ce qu'il ne fait pas
Verba s'occupe du vocabulaire: les mots que tu as déjà croisés te reviennent juste avant que tu ne les perdes. Chacun arrive avec un exemple, l'audio et la traduction, et le récit du jour les remet dans une phrase au lieu de les laisser en liste. La révision du matin dure deux minutes, et c'est le but: elle doit tenir dans une journée ordinaire.
Ce qu'il ne fait pas. Il ne t'apprendra ni les articles ni les temps, parce que ce sont des systèmes et non des unités à retrouver. Il ne donne pas l'aisance, qui ne s'entraîne qu'en parlant sous contrainte de temps. Et il ne travaille pas l'oreille: un mot reconnu à l'écrit se fond dans ses voisins à l'oral rapide, et cela demande une heure à part chaque semaine.
Des mots par où commencer
Chaque langue des listes toutes prêtes a sa liste ouverte : sens, prononciation, formes et un exemple réel sur chaque page.
- English 782
- Español 502
- Lietuvių kalba 932
Range ici les mots que tu as vraiment croisés
Le paquet d'anglais de Verba est fait d'entrées réelles avec exemple et audio, et tu peux l'enrichir des tiennes: un mot d'un courriel, d'une série, d'une réunion suivie à moitié. Chaque matin, une courte liste revient avec ce qui est dû, et pas le paquet entier.